F I L O : A C T E S

AUTRES MOTS (P)

Pipe à doux foyer

le 22/03/2007 à 09h29
Cette nuit j'ai rêvé, risquant de vous déplaire,
Que vous me rejoigniez pour votre anniversaire,
Et de vos lèvres douces et combien délicates,
Que par cette rescousse, céans me turlutâtes.

Ainsi agenouillée face à mon éminence,
Vous avez consommé son corps et sa substance
Et par ma conquérante et mâle position
Vous aviez ma constante, droit à sustentation.

Dans votre chevelure, j'avais calé mes mains...
Comme la vie d'OR dure, c'est jusqu'au lendemain
Que vous alliez, veniez, sans aucune relâche,
Sur mon vit bien gorgé, sans laisser une tâche.

La belle performance! L'immense gâterie!
Voilà que ma Constance fut à moi pour la nuit!
Vous me pardonnerez l'onirique amourette,
Surtout de préférer la pipe aux cigarettes.

Rites nocturnes

le 22/03/2007 à 09h31
Dans la chaleur complice
des déhanchements
parallèles

les travestissements se plissent
les épanchements
s'appellent

La piste de danse
comme une arène
abrite les anonymes émois
de corps fertiles
vidés du doute et des lois
pour leur futile
mise en scène

Indépendance

Sous les lights, la sueur
vibre au son
des basses stroboscopes

l'oubli salutaire
se boit, s'écoute et s'agite
artifice délétère
selon le rite

les regards sondeurs
s'interpelleront
jusqu'à l'aube interlope

Notes

le 22/03/2007 à 09h56
A l'ombre des cités
dans leurs veines embouties
leurs vaines embolies
nous marchions, toi urbaine
moi en quête pastorale

de nos désaccords
naissaient des notes
au rire du vent
au parfum de la terre

un chant d'harmonie
car l'amour est ainsi
même dans la discorde

fier comme le roseau
humble comme la poussière

éphémère comme l'aurore

Trois fois rien

le 22/03/2007 à 09h58
Je t'écris, mais...

Plus que trois nuits
trois nuits encore
à survoler, à surpasser
à ressasser, à espérer un rêve
qui ne vient pas assez
tourne et retourne

Nuits de suie
draps dessous
où l’on n’est plus soi
où j’essuie l’effroi
le froid d’absence de nous
je repousse les draps

Trois matins creux
du présent à remplir
parce qu’il le faut bien
Matins démâtés
matins feuilles blanches
matins sans risque, sans sourire

Trois fois rien
à l'aune des ères rances
où j'ai tant écrit sans que tu lises
du désert de l'ignorance
celle de ne t'avoir connue avant
erreur des écritures
désécriture

Mais je t'écris

L'heure du chat

le 22/03/2007 à 10h00
Imperceptible et délicat, le soir mauve s'est posé
sur les ultimes lambeaux de cette journée.
Avec une résignation mélancolique,
la ville l'accueille,
comme une femme fatiguée
qui n'ose pas se refuser
à son amant entreprenant.

Ses moindres recoins se laissent pénétrer,
ensemencer
par l'ombre qui coule
et inocule irrésistiblement la nuit.

Tel un resplendissant cliché,
comme aboyé de dépit
par la cité consumériste,
le soleil ensanglante l'horizon
et découpe les toitures tranquilles
et le clocher arrogant.

C'est mon heure.
Celle où ma journée de contraintes prend fin
celle où mon esprit s'autorise à penser à toi,
celle où mon corps se débarasse des façades
dont la bienséance sociale l'affuble.

C'est aussi l'heure du chat.
Le moment où il s'installe sur le toit d'en face,
pour son inspection de chat.

Nos regards se croisent alors,
et chacun de nous deux sait que tout est en place.

Tout peut commencer.


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