F I L O : A C T E S

AUTRES MOTS (P)

A une mendiante la veille de noël

le 01/12/2005 à 03h22

A une mendiante la veille de Noël


Tu permets que j'emprunte ton épaule
Juste le temps de déverser ma peine?
Avant que je n'esquisse un mot, la folle
Fond dans mes bras, je sens battre ses veines

Je la serre fort et ça la soulage
Elle est pâle et froide comme un fantôme
J'ai dans mes bras la folle du village
Détestée pour un oui ou pour un homme

Jamais on ne les lui pardonnera
Ses amours coupables et adultères
La honte que jadis elle infligea
A son époux d'alors, Monsieur le Maire

Je tiens toujours le billet dans ma main
Que je comptais lui donner en passant
Elle dit: La mendiante, la catin
A reçu ce soir son plus beau présent.

La rencontre

le 01/12/2005 à 03h23
La rencontre


Vous déambuliez rue des Cieux
D'un pas nonchalant et léger
Votre visage illuminé
Par votre sourire gracieux

Votre fragrance délicate
Mêlant d'orientales essences
Conquit brutalement mes sens
Lorsque devant moi vous passâtes

Jamais je ne saurai pourquoi
Vous souriiez ainsi avant
De croiser d'un regard charmant
Ce passant misérable et coi

Mais je sus avec certitude
Que lors de cet instant précis
Je vous aimai -et vous aussi-
D'une éphémère plénitude

Avant de tourner rue des Arts
Quelle fut alors ma stupeur
D'entendre de vous cette horreur:
"Mais pour qui tu te prends, connard?"

Je t'explorerai

le 01/12/2005 à 03h49
Je t'explorerai
Je jouerai de toi
comme d'un instrument de musique,
comme les mots du langage poétique,
comme des couleurs inexplorées
sur une palette divine,
comme un rêve en semi-éveil
qu'on maîtrise tout en s'y laissant emporter,
comme le vent se joue des feuilles
ou du sable sur les dunes inexplorées et parfaites,
comme le jour qui illumine le monde de lumière...

Nos désirs s'emmêleront alors
en une danse de plaisir
transcendant nos corps souples,
avides et beaux dans leur impudeur insolente.

Je sais que je t'emporterai plus haut
que ce que nos fantasmes communs ne l'esquissent.

Nunc-(ante)= Post

le 01/12/2005 à 03h51
Nunc-(ante)= Post

L'avenir est encore à faire
L'anticiper, le dessiner à l'avance
C'est gaspiller l'instant présent
C'est tuer dans l'oeuf la seule chance
De vivre l'essentiel pleinement

Sur la grand route qui mène à l'horizon
Un carrefour infini à chaque pas
Tente de détourner les décisions
Embrouille les pistes jusqu'au trépas

Alors gouverne l'aléatoire lendemain
Dans le temps qu'il reste à arpenter,
La loi précieuse de l'incertain
Donne une valeur à ce qu'il faut surmonter

Alors qu'il pleurait sur la grand route
Le poète errant oublia le passé vain
Comprenant que débarassé du doute
La vie n'est pas le but mais le chemin

Il sécha ses larmes et prit un tournant
Il se proclama maître de l'instant
Et l'avenir? Il est encore à faire...


Ce texte constitue la suite d'un de mes poèmes précédents intitulé 'Ante'.

Gargouille

le 01/12/2005 à 03h54
Gargouille


Le monde mugit
Le chaos se heurte à l'huis
De l'âme éveillée

Au crépuscule
Au bord de l'édifice
Que la foi mortelle a chargé
D'une singulière énergie

Une étrange alchimie
Eveille l'être minéral
A une vie équivoque

Naissance de la gargouille.

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