Sonnet en décasyllabes:
Dans la torpeur vaporeuse et humide,
Les herbes et les feuillages frissonnent,
Un oiseau s’éveille, et déjà résonne
Son chant secret, hésitant et timide.
Un coq s’approprie la fin du silence
Dans le lointain, hors du monde sylvestre,
Puis un chien aboie sur le vaguemestre
Pour lequel une autre journée commence.
Les écureuils discrets conciliabulent,
Un rai opalise le crépuscule
La nuit plie bagage, avec ses fantômes,
Le ciel pourpre pâlit, rose et doré,
Et perce les frondaisons monochromes
Puis achève l’éveil de la forêt.
Rythme libre, rimes embrassées :
Encore trempés de rosée,
les dessous de la forêt,
vierges à cette heure du jour,
peinent à dévoiler leurs atours.
Les premiers bruissements, secrets et sauvages,
se font entendre alors qu'au loin le tapage
de la civilisation commence à résonner.
La nuit s'est déjà retirée
lorsque le premier rayon solaire
reprend son offrande de lumière,
éclaire les cimes et les feuillages,
et dispense encore la vie, son bel ouvrage.
Moderne, libre et épuré:
Lumière de l'aube
premier regard divin
au seuil de la vie
intense et parfaite offrande
chaude caresse fertile
blanche pureté rougie
par le spectacle du monde
élan innocent
dévié par des jeux de miroirs
amour primordial
essentiel
déchire les derniers voiles
de la nuit
et du doute
révèle
et éveille enfin
la forêt fertile
la vie en marche