F I L O : A C T E S

DETOURS (P)

Femme

le 06/10/2005 à 02h20


Réceptacle de mon désir
 écrin de mon courage
  fourreau de ma virilité

    brèche dans la certitude
      porte dans la solitude
      passage moïsien en mer de désespoir

        chemin de printemps satin
          3, rue du Merle Blanc
            route vers un inconnu certain

            île dans l’océan d’intranquillité
              terre promise à l’horizon
              monde indécis à l’unisson

                  amie du soupir
                    complice d’un sourire
                    Femme


Dors

le 06/10/2005 à 02h21


Dors mon enfant
tes rêves prennent le relais
t’élèvent au rang de fée
le reste peut attendre demain

Dors comme un chat
détenteur de secrets
qui se love dans un sourire
les yeux fermés sur l’Univers

Dors et oublie le passé
Afin que tu sommeilles
le Temps se fige
et reprendra son cours à ton réveil

Dors comme un lac calme
où les astres confiants
installent leurs reflets
et illuminent tes songes innocents

Dors contre moi
Laisse moi entrevoir
l’inconnaissable Vérité
que recèle ton abandon

Dors en sécurité
voyage dans tes galaxies
Mon ciel s’arrête au bout de tes cils
Je serai le gardien de ta nuit


Pupille-témoin

le 06/10/2005 à 02h24

Pupille qui filtre le monde
se l’approprie

           (Une feuille de marronnier glisse lestement à travers la cour, la Tramontane compose sa chorégraphie)




Pupille qui traduit
puis restitue

          (Une dame sort du parc où elle nourrit les chats ; son visage resplendit de bonté, de piété et de solitude, elle a tant d’amour à donner, et personne n’est là pour le recevoir)




Pupille précise
qui ajuste matière et sentiment

           (Là haut, dans le ciel, les nuages sculptent, éphémère, un visage d’enfant : œuvre inestimable soudain perdue à jamais)



Pupille fragile
qui par la chair nourrit l’âme.



Semailles

le 06/10/2005 à 02h28

              SEMAILLE


Semons des mots
comme des graines
puis laissons fleurir
les émotions,   celle qui interpelle
       celle qui ravit
       celle qui dérange
       celle qui porte
       celle qui révèle

Transmettons les mots
porteurs de sentiments
d’images entrevues
nés d’extases
d’espoirs
ou de chagrins

Offrons les mots
féconds
que nous avons humblement reçus
les germes éphémères
dont les fruits sublimés
nourriront peut-être
au moins une âme fertile

Comme l’émergence de chaque mots
la moisson ne nous appartiendra pas.

Je de maux

le 06/10/2005 à 03h14

Tant de mots dits,
et tant de mots tus.

Mais tant de maux
maudits tuent.

Tant de grands maux dits
par des mots qui muent,
par des taux qui tuent...

Ce n’est qu’un jeu de grands,
où les 'je' sont maudits
par les 'tu'.

Un jeu de maux,
où le 'je' n’est plus dit qu’à demi-mot,
ou tu.

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