F I L O : A C T E S

DETOURS (P)

Ex nihilo

le 06/10/2005 à 01h41


        EX NIHILO


La nuit
noire
comme un tableau noir
            éthéré
moucheté ça et là
d’éraflures lumineuses
aléatoires
glisse sur le jour
        diaphane
encore chaud
d’avoir vécu
son cortège de destins
soudain suspendus


Comme un vaisseau sombre
                  fantôme
aux immenses voiles criblées
entraînant dans son haut
et imperceptible sillage
une mer d’huile
aux lents remous de ténèbres
vertiges aveugles
vestiges du néant originel
chappe infinie
inexorable


Envers du décor solaire
néant serein
passé lointain
d’avant la lumière
inconnaissable
d’où l’on naît
subrepticement
Inconnu
qui nous connaît

RIEN
dont tout
est issu



Calligramme de lune

le 06/10/2005 à 01h44



      La lune
              souriante
                  nonchalante

                          étendue
                            sur le lit
                          liquide

                  me fredonne
             me rassure
    me pardonne


Les vides et les silences

le 06/10/2005 à 01h47

      LES VIDES ET LES SILENCES




Tends-moi une main
donne-moi un sourire
Fais l’offrande
de quelques mots
ou d’un regard
pour un infime instant de ta vie
où les vides et les silences
n’existent peut-être plus

J e te récompenserai
d’un secret

Car ce soir j’ai vieilli
Un étrange brouillard
s’est installé sur mon chemin
J’ai froid
La sagesse ne vient qu’avec ce froid

Un vent de nulle part
me souffle aux oreilles
qu’il est trop tard
pour accomplir
tous mes rêves

Que j’avais du temps
et l’ai gaspillé

Que les vides et les silences
étaient plus utiles
que le fait de les combler


Haïkus

le 06/10/2005 à 01h52


Une feuille rouge
se pose entre ses seins blancs
La rivière l’emporte



La lune parfaite
dans une flaque d’urine
Personne ne l’admire



Au creux de ses cuisses
une bouche verticale
me parle d’éternité



Des marais putrides
émerge un grand cercle rouge
Les flamants s’envolent



Matin silencieux
sur un toit couvert de neige
le chat noir immobile



L’orage d’automne
se heurte en vain à mon seuil
puis déshabille les aulnes



Nuit d’été paisible
reflet de la voie lactée
sur ta pupille aveugle



Les feuilles jaunissent
L’ombre de la croix raidit
mon cou et mon cul



Les cris des enfants
La mère sert le repas
La patience du chat



Un papillon blanc
se posant sur mes lunettes
me cache la lune



Sur son cou parfait
pétale de rose rouge
ou tache de sang ?



Perles de rosée
sur la toile d’araignée
Premier détour du matin

Circonspection

le 06/10/2005 à 01h54

Quand d’haineux labyrinthes verticaux
freineront les élévations futiles
crénelleront les voies et les échos
des élans idéaux et versatiles

Quand les grôles des colons en colère
par des relents de remous intestins
par des faits quérulents, par soif de guerre
étriperont les frêles sans destins

Quand les âmes sombres décrèteront
la différence condamnable en nombre
reléguant le partage et l’art dans l’ombre

Aux tardives révoltes ils seront sourds
et nous feront goûter leurs petits fours
trônant sur nos regrets ils régneront

©2006 - Bloxode.com est un service gratuit de Lexode.com - Prévenir d'un abus - Conditions d'utilisation