F I L O : A C T E S

ELOGE DE LA LIMITE (P)

La nuit du Grand Moissonneur

le 22/03/2007 à 10h10
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Calligrhomme

le 22/03/2007 à 10h15
(clik sur l'image pour l'agrandir)

Co-naissance

le 02/05/2007 à 10h49
1-

Quelque part
ailleurs
un homme naît maintenant
émerge d'un sourire
dont il fera sa quête
comme les autres
une vie de plus

Que va-t-on lui faire croire?
des statistiques lointaines
nous informent qu'il ne faut surtout pas
bouleverser nos vies
mais un jour
s'il fait certains choix
il pourra tout faire basculer

La roue des possibles s'arrête-t-elle
sur le point de non-retour?
quelles chances?
Nous faufilerons-nous
entre les gouttes?
saurons-nous trouver notre trajectoire?

Le corps sait
se rit des apparences
et des faux espoirs
il palpite en silence


2-

La lune naît, liquide,
s'amarre à l'horizon
ponctue la mélancolie
de ce soir opaque
elle offre un regard cyclopéen
à l'engeance magique
que les troupeaux
d'une voix unique
appellent à genoux
de peur de se connaître
de se reconnaître
jamais de réponse

Mais la lune sait
la vanité de l'errance
les ambitions ensevelies
le poids du vide

Regarde-moi

le 07/05/2007 à 14h51
Regarde-moi




Ce matin
mon père dans le miroir
m'accuse

Ce visage redouté
ce regard inquisiteur
je les porte
tel un flambeau génétique

tu me regardes dans les yeux


(L'enfant baisse les yeux)


Mes pieds sont trop loin
j'ai grandi
je suis père moi aussi

regarde-moi!


mon fils me verra-t-il un jour ainsi?

(Le père lève les yeux)


je murmure enfin :
"pardon"


Le glas des insoumis

le 07/05/2007 à 14h54
Le glas des insoumis


Pendant qu'il en est encore temps
je t'offre le parfum de cet instant
l'essence de ce printemps
la prière lancinante d'un coeur révolté
à l'espérance insoumise

Jamais tu ne verras dans un livre d'histoire
mes chutes et mes gloires
jamais le monde ne saura ce qu'il m'a pris
ce qu'il me doit
d'ailleurs à qui signifier mon insignifiance?

Qu'il me déteste donc
j'existerai alors plus fort
il donne bien le pouvoir à des fous
à des fourbes assoiffés
étrangers au Silence
à qui je ne dois rien
et qui prétendent me dicter mes devoirs

La liberté
oubliée
sur le bout de la langue
elle fait grise mine
celle des mineurs de fond
du verbe-tribun
de la sémantique prosélyte
langue de pute
langue de vipère
et ça serpente
et ça soumet

Et les troupeaux de langues qui marchent
aveuglés par des oeillères d'or
des promesses eldoradorées
grosses comme des camions
des trucks rutilants immatrienculés US
qui consomment certes
mais le fric va couler à flot
suffit de bosser
et de se taire
pas comme les artistes profiteurs
ou bien de creuser son trou
son trou-coffre-fort
son nombril géant
mais les hordes de nombrils avides ont faim
ils ont le droit d'avoir raison
et ne me laissent déjà plus de répit

J'entends déjà sonner le glas des insoumis.

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