F I L O : A C T E S

ELOGE DE LA LIMITE (P)

Le fond de l'ère effraye

le 22/03/2007 à 09h11
Voilà
le temps des chants, je mens,

il sera inspiré, rituel, où ne saura pas

comme le mal-rot, l'après dit,

car le fond de l'ère effraye

qu'on ait sens de l'om

deux lames

qu'on nettoie

en sangle hantées

avant de co-naître
l'autre

Je est un autre,
disait l'Autre, par jeu

Nais,
toi
comme moi

quand mon chant d'elle
perd un vers cité

dans l'étang
d'échange, ou mens.
Voilà.

Fin de règne

le 22/03/2007 à 09h14
Des traces de pas
arythmés
comme une calligraphie dévoyée
écrivent une histoire

de fin de règne
de ventres morts
de corbeaux repus
aux calculs implacables
et à jamais inassouvis

Tel un bousier-Sisyphe
en panne sur le bord de l'hellway
un Atlas de pacotille
s'enfonça ici
dans les fumiers mouvants

sous le poids
des nectars agglomérés
échecs d'arrogances
et de piètres érections
présomptueuses ambitions

Tu croyais quoi
pauvre con?
le taraude l'Ultime Pute,
qu'il suffisait d'y croire?
que tes bons sentiments suffiraient?
ou ta supposée intelligence?

L'intelligence nuit
elle pinaille sur l'angle de tir
là où le geste primait
elle agit comme un essaim de mouches
décortique la viande au lieu de l'honorer

Le géant véreux s'enfonce encore et toujours
se débat, pathétique,
brandissant son ridicule emblème
-croit-il vraiment encore à sa magie?-

les brèches puantes
des poitrines qu'il a ouvertes
lui hurlent sa vanité
en le tutoyant comme on tutoie
celui qu'on emporte
dans l'irrémédiable revanche.

Le refus

le 22/03/2007 à 09h20
J'ai vu dans tes yeux
comme l'étincelle
qui adrénalise nos corps
quand nos âmes sont paumées
et que la bienséance nous injecte pourtant
des avatars illusoires de normalité

J'ai perçu tes signes
l'invite
tes lèvres et tes pores
m'ont appelé
sans équivoque
trahissant une voracité
que toi-même ignores

J'ai lu en toi
à travers ton masque
ton appel effréné
ta soif de me rendre miroir
ta désespérance,
ton vide
dans ton coeur
et dans le creux de ton ventre

Je ne remplis pas les vides
et mon tain est rayé d'écorchures
Je ne suis que le forçat
de mon faible intérieur
l'illusion déchue
de mon moi erratique
en réfection

Je pourrais m'enfouir
dans ta fente vorace
en un artefact
de come back
à l'alma mater

Je pourrais t'offrir un éclair
et t'emplir de foutre
mais ton vide personnel
ne serait pas comblé pour autant
ton vide n'est pas plein de néant
vois-le comme une force
un sas nécessaire
à ton cheminement intérieur
explore-le

Je ne suis pas un bon parti
t'investir serait mal venu
mon coeur n'est pas à prendre
car il a trop donné
mon corps n'est pas à donner
car il a trop pris

Apogée-hurloir

le 22/03/2007 à 09h22
L'intrusion d'un ciel retors
au poids d'incontinences
lacrymales et impudiques

interdit les soubresauts extrudés
de ma bouche
mangeant ma bouche

le cou cambré
la nuque calée
sur le passé agonisant

sur les soutes de lambeaux amoncelés
amarrées à ma schyzo-panoplie
désamarrées de ma torpeur d'insouciance

je chie mon désespoir
esquive les gouttes d'acide
et m'ampute de ma nuit noire

ô ma nuit d'orgueil
mon puits de peines éperdues
mon chaos rampant aux minutes creuses

son cri t'a dissolue, équarrie
je franchis enfin ton horizon
lame effilée, limite du chaos

mes jambes enjambent
mon entrejambe entrejambe
mes bras brassent

mon torse se tord
mes dents Dante
et mon âme, Madame,

te hurle l'amour libéré!

Chapitre

le 22/03/2007 à 09h24
De strates en strates
de nuit en nuit
de mensonge en mensonge
de mot en mot

chaque jour est un chapitre
du livre de ma vie

est-ce moi qui l'écris
ou en suis-je le héros?

D'ego en ego
de cri en cri
de guerre en guerre
de rire en rire

chaque jour nous inventons le monde

ou est-ce le monde qui nous invente?

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