F I L O : A C T E S

ELOGE DE LA LIMITE (P)

Vérité

le 22/03/2007 à 08h38
vérité ou réalité?
relatives projections

l'arbre qu'on ne voit pas
la couleur d'un prénom
la beauté d'un silence fugitif
que personne n'entend
le rêve du voisin

le frère secret
qui ne pense pas à toi
à l'autre bout du monde
l'amour du chat
l'as-tu envisagé?

mensonges ou illusions?
est-ce vrai parce que je le crois?

Moment d'absence côté passager

le 22/03/2007 à 08h40
En ce moment je suis un peu à côté de mes pompes
qui elles-mêmes sont un peu à vélo
qui lui-même pédale un peu dans la choucroute
qui elle-même n'est plus tellement garnie

Je ne sais même plus où est mon Ornicar
s'il est encore en vie,
envie de continuer à laisser
les points-d'orgue sur les i ...être carrés
J'arrête de battre la campagne
pendant qu'elle est encore chaude

Je lui laisse les fers
et je me retire à hue et à dia
dans ma faibleresse
de lâcheté sous-tendue
bref, je perds pied.

Du coup je boîte
dans la box et dans la vie
Où donc ai-je foutu
mes cachets
qui faisaient foi?

Quasi modal

le 22/03/2007 à 08h43
Ivres de banal
nous raterons un jour une marche
ou un trottoir
qui a toujours été là
à l'affût
sous nos yeux confiants
et nos trajectoires
tracées par nous-mêmes
à notre insu

Tant l'habitude
nous désaffûte
nous submerge
sur un mode
insidieux

Un mode unilatéral
qui aplanit les vagues
trace des autoroutes
sur les pavés
de nos passions naïves

Sans prévenir
la norme
rectiligne
nous fait vivre mou

La marche ratée
en devient salutaire
ou fatale

Retour aux sources

le 22/03/2007 à 08h47
Acuité de vacuité
griffure de figure
parodie drôle de paroles non dites
réminiscence d'essences ruminées

L'inconscient reprend ses droits
consume les masques
destructure les canaux étroits
entre la pensée et la syntaxe

Le naturel revient
comme un cheval de bataille
chassant les halos de rien
dont s'affublait la christaille

Du jeu des tréfonds de l'inné
naît la lie du fond, l'attrait du je
mais si l'acquis n'a plus droit de cité
Descartes devient moyen-âgeux

Le tribal souverrain
impose son évidence:
émerge le tribunal souterrain
de la Nature, éternelle impermanence

Le mot juste

le 22/03/2007 à 08h48
Jeter un coup d'oeil
sous les jupons des mots
leurs dessous de non-dits
qui en disent long

comprendre l'ombre
d'un mot
le déshabiller
le caresser
éclairer sa substance
l'habiter ou se laisser habiter
faire corps
tel un buto sémantique

le mot est mis

le mot émis
résonne ou non
pensé, écrit,
puis lu
ou juste dit
puis entendu
entre l'émetteur et le récepteur
le mot transite
subit des distorsions
qui le minimisent ou le magnifient

comme un lieu et un instant
dans l'espace et le temps
un mot seul peut suffire
à appréhender un propos
mais dès lors que ce mot est habillé
enrobé, dilué dans une phrase
l'essentiel se délite
le mot est alors à soupeser
à l'aune de son contexte

le mot juste
est parfois fortuit
si je l'épelle
il devient un outil
si je le tais
le silence le transcende
et le révèle

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