F I L O : A C T E S

SILENCE (P)

Coltrane

le 22/06/2006 à 11h13
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La machine

le 22/06/2006 à 11h14
La machine
me sauve et me tue
me berce,
m'assiste
et me perd
m'invente des rêves insidieux
qui m'éloignent un peu plus
de la route de mes gênes

La machine
m'accouche et me tue
joue avec mes illusions
et mon réel
trace des trajectoires fallacieuses
ouvre des horizons virtuels

La machine
me dépasse
me précède
et me suit
laisse des traces
jusqu'au coeur de mes nuits
dans mes tripes
et dans mon coeur
du haut de sa froide indifférence

Caresse-moi

le 22/06/2006 à 11h16
caresse-moi
une dernière fois
comme quand tu m'explorais
en comptant mes éphélides
en me parlant près du feu

dehors les planètes passaient
et les gens et les machines
dans le froid et la frénésie
et le ciel pleurait de ne pas connaître
nos frissons

tes mots n'étaient que vibrations
mais je les comprenais
par tes mains sur ma peau
et je te répondais

conversations tactiles
tendres frissons
autant de poèmes
à quatre mains
aussi fugitifs et révolus
que des bourgeons d'amandier
dans mon interminable automne

puis tu m'enlaçais
et je me délassais
et nous emmêlions nos corps
ivres d'innocence

au nom de ces souvenirs saturniens
caresse-moi
une dernière fois
avant de partir

Vacuité

le 22/06/2006 à 11h17
Les jours se succèdent
égaux
demain écho d'hier

Silence reste sur le vieux fauteuil
à lire, à écrire
sans bruit
à contempler
la vanité de son parcours

en coulisse
rampe la nostalgie
l'absence
l'implacable sentence
personne ne reviendra

nul son capté par ses tympans
nul son émis par sa bouche
Silence n'entend pas
ne parle plus
n'espère plus

Dehors le tumulte gronde
sans doute
agite l'air et les gens
le soleil et les nuages défilent
font-ils du bruit?

les astres percent le velours
émoustillent la nuit
murmurent des rêves
à ceux qui entendent
à ceux qui l'évitent
soigneusement

Silence n'attend plus
ne rêve plus
le temps tache sa peau bise
froisse sa patience
ternit son âme que rien ne grise

un trop-plein d'épaisse vacuité
fige les particules
désagrège le roc des certitudes
décrète une imminence tacite
il faut l'enrayer ou mourir

alors Silence crie

Adieu

le 22/06/2006 à 11h18
fini de jouer
induire le faux
la vérité étant soumise
ou arrangée

voici le dernier cri
ou le dernier pleurnichage
ultime volonté
secret dévoilé

alea jacta est

et je m'en vais
nul regret
car nul espoir
ou perspective
reste la sérénité
et le silence

bien que votre compagnie
inspiratrice ô combien
et source de joie
n'y soit pour rien

en catimini je m'en vais
une fin consommée lorsque vous le lirez

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