O ma muse fidèle, mon aimée,
Toi la seule qui m’allait aussi bien,
Comment ai-je pu ainsi te laisser
Après avoir emprunté ton destin ?
Au début, souffrant de la même peine,
Errions, l’un chantant, et l’autre pleurant,
De croire alors que la vie était vaine;
Puis chacun délivra l’autre en l’aimant.
O toi ma radieuse, toi ma fierté,
Souviens-toi, le soleil t’allait si bien
Lorsqu’il dorait tes cheveux roux l’été,
Comme alors ton cœur éclairait le mien.
J’ai détourné la route de ta vie,
Alors que toi tu éclairais la mienne;
J’ai trop fraternisé avec la Nuit,
J’ai trop écouté le chant des sirènes.
O ma sœur, ma douce mélancolie,
L’Automne te va encore si bien;
Les espoirs fânés, les vieilles manies
Ternissent-ils déjà tes lendemains ?