Nous n'avons plus besoin de prophètes.
La plus belle espérance est celle qui est vaine et fragile.
La plus belle foi est celle que tu te forgeras toi-même.
Nous nous repaissions de la chair torturée de nos soumis quadrupèdes,
nous respirions un air vicié que nous avions parfumé au gris d'apocalypse,
nous ramollissions nos corps en remplaçant nos membres et nos cerveaux par des machines construites par d'autres machines
nous saturions nos esprits de tentations, de faux-semblants, de faux idéaux et de fanatismes,
nous craignions les différences et au lieu de nous en enrichir nous en justifions nos peurs et nos haines,
nous cultivions les matricules et les classements, les hiérarchies et les théories,
nous communiquions par des mots non-prononcés, des artefacts en pixels et pseudo, des amitiés jamais rencontrées,
nous faisions l'amour protégés par le latex et des tabous moraux millénaires...
En ces temps incertains et incandescents à la fois, où une vie valait cinquante morts cachées, en ces temps superficiels, artificiels, virtuels, insouciants,
nous prétendions pourtant être heureux...
et, le croyant, nous l'étions.
Commentaires
Par thecolor le 07/11/2005 à 13h16
Comment pourrait-on être vraiment heureux face à tant d'alarmantes vérités ? En étant humain, en essayant de temps en temps d'occulter la réalité ? Ou peut-être en respirant les bonnes vibrations de ce monde chamboulé ? Pouvons- nous tout changer et inverser les prédictions ?
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