F I L O : A C T E S

3e chapitre

le 22/04/2008 à 02h41

3- Le monde des Autres


Juyen se réveille dans une maison. C'est la première fois qu'il voit des murs aussi lisses de dedans, et pas cassés comme ceux de la maison de Maman-Rêve, avec un mur en haut aussi, qui cache le ciel.
Il est enfermé ! Seule une petite fenêtre avec des barreaux lui permet de voir le bleu du ciel.
Il se redresse sur le lit. Pour la première fois, il se souvient du grand lit de Maman-Rêve, en un flash imprécis, il y dormait avec elle quand il était tout petit.
Il a mal à la tête ! Et il porte des fausses peaux colorées, comme les Autres ! Est-ce le maigre aux yeux en fenêtres qui les lui a mises ?
Il les arrache, car elles l'enveloppent et le frottent partout.
Il y a une porte, il essaye de l'ouvrir, mais en vain. C'est pourtant la seule issue de cet endroit étrange où tout est droit et lisse.
Il est enfermé !
Il tape sur la porte, de plus en plus fort. Mais rien à faire.
Pourtant l'Autre maigre avait l'air gentil.
Juyen ne comprend pas.
Alors Juyen pleure, et tape, et crie...


*



Clic-clac : la porte s'ouvre enfin. Deux Autres sans cheveux entrent : ils ont l'air gentil mais Juyen sent que non. Ils sentent fort des odeurs bizarres qui cachent leur vraie odeur, ce qui intrigue et repousse Juyen, alors il reste sur le qui-vive.
"Allons, calme-toi, on te veux pas de mal. Monsieur Clanet vient te voir, il veut t'aider.
- Laisse tomber, il te comprend pas, t'as vu le rapport ?
- Et alors ? S'il comprend pas les mots, il comprend sûrement le ton et l'intention, me casse pas la baraque, s'il te plaît.
- Mouais, ok, ok. T'as vu il a déchiré le pyjama... et merde, il a pissé dans le coin, là !"

Juyen ne comprend rien, mais l'un des deux a l'air plus gentil que l'autre. Il tient une coupe avec de l'eau blanche bizarre à l'intérieur.
"Tiens, Julien, bois, ça va t'apaiser, tu peux me faire confiance, je suis gentil".
Il est gentil ! Juyen l'avait bien senti... mais il sent tellement fort, et il veut le faire boire, mais ça sent pas l'eau, il ne veut pas.

Une voix résonne dans l'entrée, celle de l'Autre maigre aux yeux en fenêtres.
"C'est bon, laissez-moi seul avec lui, tant pis pour le calmant, il a plus peur qu'autre chose, il n'est pas dangereux.
Les deux Autres se retirent, laissant leur parfum entêtant dans la pièce.
- Julien, je te demande pardon pour t'avoir piqué par surprise dans la forêt, pardon de t'avoir joué ce tour, mais c'était pour t'éviter la violence des méchants, j'ai pris des risques pour te préserver, tu comprends ?
- Tous les zôtr, cré méçants !
- Non, pas tous, ici nous sommes très très gentils, nous voulons t'aider, regarde !
Il sort une petite feuille carrée et dedans se trouve... Maman-Rêve !
Tu la reconnais, Julien ?
- MamanRêv !!!!
- C'était bien ta maman, hein ? J'en étais sûr ! Tu te souviens d'elle, elle était gentille, n'est-ce pas ?
- MamanRêv cré gentil ! A veux, a veux, moi !
- Mon pauvre Julien, ta maman ne peut plus venir te voir, tu ne la reverras plus jamais hélas, les méchants l'ont attrapée il y a bien longtemps."

Juyen comprend un peu, juste assez pour savoir que les méchants ont fait du mal à Maman-Rêve et qu'elle est morte comme Maman-Ronron. Il savait déjà, car Juyen, il est pas bête, il sait que les rêves c'est pas la vraie vie. Pourtant il pleure, il pleure.

"Tiens, Julien, prends la photo, je te la donne, tu auras l'image de ta maman avec toi"

L'autre donne Maman-Rêve à Juyen ! C'est comme une feuille très dure. Le plus beau trésor de sa vie, depuis Petit-Canard ! Il le mettra dans l'abri, dans sa cachette !

"Nous devons parler, maintenant, tu sais. Je m'appelle Michel Clanet, tu comprends ?
Toi Julien, moi Michel... montre-moi que tu comprends : Julien, Michel, Julien, Michel...
Juyen ne comprend pas, mais il est sûr que cet Autre est gentil. Alors pourquoi l'a-t-il amené dans cet horrible endroit ?
- Juyen, Micel
- Oui ! C'est bien ! Donne ta main, comme ça, regarde.
Oui c'est bien... Mon dieu quelle peau dure tu as, c'est, c'est...
Bien. Qui s'est occupé de toi quand tu étais petit ?"

Micel pend la main de Juyen et la touche. C'est étrange, Juyen n'a jamais eu cette sensation avant. Micel a une main toute blanche, fine et douce. C'est une sensation nouvelle. Il sent que ça fait durcir sa queue, et il ne comprend pas pourquoi. Il a envie de toucher Micel sur sa tête et partout.
"Ha non, du calme, Julien, houla, je crois que je reviendrai un peu plus tard, très content de ce premier entretien...
Heu, lâche-moi, maintenant... Ho mon dieu, c'est incroyable !"

La queue de Juyen est maintenant toute dure, et il aimerait bien la frotter contre Micel qui a l'air très doux, mais il crie...
"Ssécurité ! Sécurité !"

La porte s'ouvre, et les deux sans-cheveux-qui-sentent-fort entre et attrape Juyen ! Ils sont plus méchants que tout à l'heure !
"Allons, du calme !
- Merde, tu as vu ça ? Il est monté comme un âne, c'est pas possible !
- C'est bon, on en parlera plus tard, si tu veux bien, aide-moi plutôt !
- Allez-y doucement, messieurs, il ne faut pas l'effrayer surtout.
- Attrape-lui le bras droit, je tiens le gauche !
- Cré méçant, toi !"

Les deux Autres veulent faire du mal à Juyen, le plus méchant lui tord le bras, alors Juyen lui donne un coup de tête, la spécialité de Maman-Ronron ! L'autre l'attrape par derrière, alors il envoie ses deux coudes en arrière, sur sa figure.
Les deux méchants sont par terre, ils avaient qu'à pas vouloir faire du mal à Juyen !
Micel reste dans un coin, il sent le pipi et la peur.
"Tu as fait une grosse bêtise, là, Julien, ils ne faisaient pas partie des méchants, eux ! Et moi je suis gentil aussi, tu te souviens ? Calme-toi maintenant, du calme, tout va bien se passer, si tu te calmes."

La queue de Juyen est redevenue molle avec tout ça, et Micel sent trop fort, et cet endroit n'est pas bien, alors Juyen sort.

"Attends, non, reste ici, sinon les méchants vont te faire du mal, je t'en conjure, Julien ! Julien ! (bordel de merde !)"

Un grand tunnel carré tout propre plein de portes de chaque côté donne sur une ouverture au fond ; Juyen court. C'est tout froid et lisse par terre. Le Monde des Autres est très bizarre, mais pour le moment Juyen n'en a cure.
Plein de mamans jolies passent par là, mais elles crient très fort et s'enfuient dans les portes lorsqu'elles voient Juyen. Deux Autres sans cheveux habillés comme les deux précédents courent vers lui avec une drôle de petite bouteille noire à la main, mais Juyen n'a pas peur, il sait maintenant que les Autres sont moins forts que lui. Il faut les surprendre. Peu avant le point de rencontre, Juyen bondit sur le mur et saute sur eux, les pieds sur la tête de l'un qui cogne sur la tête de l'autre, il y a même un "crac", et Juyen ne perd pas de temps, après avoir atterri avec la grâce d'un félin, il fonce vers la fenêtre et l'arbre qu'il voit derrière. Il bondit et se retrouve dans les branches. Il se fait un peu mal en se recevant, mais tant pis, il est libre.



*



C'est avec stupeur que Juyen, perché sur une grosse branche du platane, découvre l'imposant bâtiment dont il vient de s'échapper. Jamais il n'a vu une maison aussi grande, celle de la famille de Miel est minuscule à côté ! Il regarde alors autour de lui. Une dizaine d'arbres l'entourent, avec un peu d'herbe et des jolies fleurs, mais s'arrêtent soudain, et il s'aperçoit que le Monde des Autres n'est fait que de ce genre de maisons, avec plein de machines hurlantes qui roulent partout sur des chemins plats tout lisses sans herbe. Des Autres marchent partout, tous recouverts des peaux colorées, le bruit est partout, et surtout une mauvaise odeur ambiante. Même le ciel paraît moins bleu. Il doit fuir, sortir de ce monde malade, et retrouver le vrai Monde.
Micel l'appelle par la fenêtre, encadré d'Autres affolés :
"Julien ! Julien ! Je t'en conjure, écoute-moi ! Reste là, je viens te chercher, ne va pas plus loin, les méchants vont te faire très mal ! Tu n'as nulle part où aller, ici ! Julien ! Oh mais tu es blessé, en plus ! Ta jambe est en sang ! Julien ! Attends-moi, j'arrive !"

Juyen sait que Micel est gentil, mais il ne peut plus lui faire confiance malgré tout, il sait bien qu'ils ne peuvent pas se comprendre, alors il saute dans l'herbe. Il a toujours dans la main la feuille dure avec Maman-Rêve dedans, elle est toute tordue, mais il la serre fort pour ne pas la perdre. Sa jambe gauche lui fait mal à la réception. Il saigne, et il sait que c'est pas bien.
Maman-Ronron savait quoi faire dans ce cas-là, elle lui léchait tout avec sa langue râpeuse, lui soufflait de l'air chaud avec son groin et le calmait de doux grognements, mais à présent il est seul, il ne peut compter que sur lui-même.
Alors il court, et d'un formidable bond, franchit la haie de lauriers pour tomber sur le chemin lisse. Des Autres tous bizarres se trouvent là et prennent peur. Ils ont tous peur de lui ! Un Autre tout plissé, comme vidé de sa substance, avec la même barbe que lui mais toute blanche, semble se trouver mal. Ils sentent tous mauvais la peur et les parfums étranges irrespirables. Il y a des mamans, des petits, des machines... Tous crient et le fuient.
Juyen est tenté de s'agenouiller, de mettre ses mains devant les yeux et de se réfugier dans ses rêves, où Maman-Rêve le rassurerait, mais Juyen il est cré fort ! Il va se battre !
Et Micel crie encore derrière, mais il n'en a cure. Les méchants de la grande maison vont être très en colère de ne pas avoir pu lui faire mal, et beaucoup vont le poursuivre, alors Juyen court, court.



*



"Cours, Julien, cours ! Viens à Maman, viens ! Ouiii ! Oh mon chéri, je suis tellement fière de toi ! Si ton père pouvait te voir ! Bientôt, bientôt !
- A cré fort, Juyen !
- Oui mon garçon, tu es très très fort, le plus fort de tous les petits garçons ! Allez, viens, on va manger maintenant, on rentre, ramasse Petit-Canard. En plus il commence à pleuvoir."

La ferme s'étale en bas de la colline. Au loin un arc en ciel se détache du ciel gris à l'horizon, alors qu'il est encore tout bleu derrière eux. Le chien aboie, une voiture arrive en trombe et se gare dans la cour, c'est Cora qui revient du village. Elle vient en courant à leur rencontre, tout son maquillage a coulé sur son visage bouleversé.

"Nadia ! Nadia ! Tu es là, Dieu soit loué, je suis désolée, mais il y a de mauvaises nouvelles.
- Non, ne me dis pas que...
- Ils ont eu Jules, c'est fini. Il faut se casser d'ici, et vite.
- Nooooon !
- Je t'en prie, Nadia, sois forte, au moins pour le petit, il faut réagir tout de suite, on n'a même pas le temps de pleurer.
- ...mais, mais comment... L'évasion s'est parfaitement passée, il était planqué, il fait pas d'erreur !
- Il a été reconnu et dénoncé, il l'ont coincé et exécuté, ils prétendent qu'il y a eu fusillade, mais c'est faux ! Je sais pas qui l'a donné, mais c'est quelqu'un du coin, je leur donne pas une heure pour qu'il remontent jusqu'ici, et pour eux tu es encore une meurtrière en cavale ! Secoue-toi, putain !
- Zarma, ils m'auront pas, t'entends ? Pas vivante en tout cas !
- Dis pas de conneries, Nadia, et le petit alors ? Allez, viens je t'emmène dans la montagne, là où y a pas de maisons, pas de route, ni personne.
- Mais on y est déjà, là !
- La Lozère est grande, des coins sont encore plus sauvages, allez, viens !
- Julien, mon chéri, on va monter dans la vroum-vroum de Tata Cora, et on va faire une promenade, d'accord ?
- Pas vroum-vroum, a peur Juyen !
- Juste cette fois mon garçon, tu es très fort ou pas très fort ?
- Oui, a cré fort, Juyen !
- Alors on y va, court, court Julien"

Alors il court, il court.



*


Plus Juyen court, plus il désespère de trouver la sortie de ce monde mort, grouillant de machines et de ces êtres apeurés qu'il croyait si puissants. Leur monde est-il plus grand que le Monde ?
Plus il croise d'Autres, de machines, de maisons, plus des flashes de sa petite enfance lui reviennent, et avec, une sensation terrible et nauséeuse de ne pas être si étranger que ça à cet univers.
Il est déjà monté dans une machine roulante, et il sait même comment on les appelle (vroum-vroum), il connaît la sensation d'être emporté vite et de voir défiler la réalité dans les fenêtres, il se souvient que Maman-Rêve (et lui-même) portait des peaux colorées qui grattent... Tout lui revient, trop vite, trop mal. Sa jambe est lourde et perd encore du sang, il commence à boiter légèrement, et en plus il entend les cris déchirants des machines qui commencent à arriver à sa poursuite, ces cris abhorrés qu'il connaît bien.
Oh non, jamais il n'oubliera ces longs hurlements (on va t'attraper et te faire cré mal), et la peur de Maman-Rêve lorsqu'elle courait dans la montagne avec Juyen dans ses bras, oh non jamais il n'oubliera comment il pleurait avec elle lorsqu'il sentit son désespoir, si tangible qu'il aurait pu le toucher, l'attraper, le mettre en boule et le jeter loin, non jamais il ne pourra cesser de perdre sa Maman-Rêve dont il ne reste qu'une feuille dure froissée qu'il serre fort dans sa main rugueuse, non jamais il ne s'arrêtera de courir tant qu'il sera dans ce monde fou et sale, tant que les méchants le poursuivront !
Alors Juyen court, et Juyen crie ! "Y mauront pas ! Pas vivantentoucas !"



*


"Passez-moi le Major, de la part du Professeur Clanet, c'est urgent !
Je vous en prie, c'est une question de vie ou de mort !
Malheur, alors faites-lui parvenir le message suivant à tout prix : ne le tuez pas ! Au nom de Dieu, prenez-le vivant ! Il n'a fait que se défendre, il n'est dangereux que si on l'attaque ! Brigadier, promettez-moi de lui transmettre ce message !"



*


Juyen arrive sur une grande place où aucun arbre, aucune plante n'existe, mais il voit de l'eau ! Enfin un élément qu'il connaît ! Mais elle est enfermée, elle ne peut pas sortir, elle est vivante et morte à la fois. Derrière, il voit une grande maison très haute avec plein de toits pointus et des croix, et une grande porte, et de cette maison résonnent très fort des cloches.
Il connaît bien le son des cloches, mais il l'a toujours entendu de très loin, parfois au bord du monde, quand il tendait l'oreille. À présent il sait d'où cela venait : d'ici. Il comprend alors qu'il est très loin du Monde. C'est si fort que ça fait mal à la tête.
Puis les cris des machines arrivent de tous les côtés, et les [i]vroum-vroum[/i] aux lumières surgissent sur la place : il en voit deux, puis trois, puis cinq, puis d'autres encore, qui s'immobilisent et cessent de crier aussitôt.
Et des Autres, tous pareils, avec des tissus sur leur tête, qui en descendent et prennent dans leur main des sortes de cornes noires, Juyen ne voit pas bien à travers ses larmes et sa sueur, mais il sait que c'est avec ça qu'ils font cré mal.
Juyen n'a pas plus d'endroit où s'échapper à présent, la place est entièrement cerné par les Autres méchants tous pareils et leurs machines. Il a traversé toute la place et saute sur le bord de la maison pointue aux cloches, il s'agrippe aux bords et escalade lestement la pierre. Les Autres ont couru pour le rejoindre mais ils peuvent pas sauter aussi loin que lui, et ils savent pas grimper à la pierre, alors ils s'entassent en bas. Et une très grosse voix résonne, c'est un Autre qui parle dans une grande fleur dure, mais Juyen comprend rien, et il s'en fiche, c'est que des méchants qu'il faut pas écouter, des preneurs.
"Bonacci, tu es cerné, tu n'as aucune chance, rends-toi !"

Juyen continue de grimper, il voit tous les Autres tout petits en bas, et dans la pierre à laquelle il s'accroche, des bêtes méchantes font la grimace et lui font peur. Dans ce monde où l'eau et l'herbe sont enfermées, même la pierre est méchante.
"Méçant !" Il tape sur une tête grimaçante, si fort qu'elle se casse et tombe. De grands cris résonnent en bas lorsqu'elle s'écrase sur la tête d'un Autre, et aussitôt, pan ! Juyen a cré cré mal dans le dos, et ce mal a fait un grand bruit.
Alors Juyen hurle, et son hurlement se répand au dessus de toute la place, avec des échos, comme dans la montagne. Il n'y a plus aucun bruit dans le monde mort, sauf ce cri d'animal blessé et désespéré.

Le temps s'interrompt alors, sur le regard fou rivé sur le ciel et sur la grimace de Juyen, qui n'est plus qu'un cri tout entier, un cri si humain qu'il semble inhumain, un cri qui n'en finit pas, qui envahit chaque parcelle de ceux qui l'entendent des dizaines de mètres plus bas, et qui leur fait comprendre à quel point c'est l'innocence, l'essence même de l'humain qui hurle sa frustration, sa douleur, son incompréhension.
Ce cri est une question. Ce cri dit "Pourquoi ?", ce cri dit "Regardez-moi et vous vous verrez nus et vrais", ce cri brisera le coeur de chaque mère, de chaque frère, de chaque homme qui a péché en s'octroyant le droit de vie et de mort sur le Monde, ce cri est celui du Martyr, du Simple d'esprit dépositaire de ce que nous avons perdu par présomption, et que nous ne retrouverons jamais plus. Mais reprenons le cours du temps...


Juyen chute. Depuis quand tombe-t-il ? Il l'ignore. Ses deux mains devant lui n'ont plus rien à quoi s'accrocher, et dans sa main droite, la feuille dure a disparu.
Alors il dit une dernière chose : "Maman !"



FIN

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